The Girl from Monday (DVD)

24,00 

Edition DVD du film The Girl from Monday de Hal Hartley (inédit en France).
Format 16:9. Version originale sous-titrée.
Durée : 84 mn.
Un film avec Bill Sage, Sabrina Lloyd, Tatiana Abracos, Leo Fitzpatrick

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Description

Une fille venue de l’espace tombe dans l’océan. Être venu d’une lointaine constellation nommée Monday, elle prend la forme d’une belle jeune femme afin de partir à la recherche d’un ami, arrivé des années plus tôt. Elle le soupçonne d’avoir des ennuis et, peut-être, d’être pris au piège dans le corps qu’il a adopté. Là d’où elle vient, en effet, les êtres n’ont pas de corps…
Mais le monde dans lequel elle vient de tomber est en plein bouleversement…
En effet, immédiatement après la « Grande Révolution », la ville-état de New York a été libérée par Triple M, le Major Multimedia Monopoly, qui y a instauré la « Dictature du Consommateur », assurant par là aux citoyens un choix plus grand, l’autonomie personnelle, la réforme humanitaire et le progrès technologique.
Jack Bell travaille pour l’agence de pub qui a propulsé Triple M au pouvoir et se trouve être celui-là même qui a suggéré les fondements de sa politique avec la « Loi sur la valeur humaine ». Tout un chacun est désormais une valeur boursière qui s’échange sur le marché : pour chaque rapport sexuel qui n’aboutit pas à une union, la valeur des participants se trouve augmentée en accord avec l’état du marché.
Horrifié par la déshumanisation qui s’ensuit, Jack est également le leader de la Contre-Révolution, dont les partisans perpétuent chaque jour des actes audacieux contre l’empire : faire l’amour juste parce que cela fait du bien, interrompre l’émission des journaux télévisés tenus par l’état-entreprise, distribuer des copies de Walden – ouvrage désormais interdit –, et de manière générale, nuire au système en place.
Mais chaque mesure que prend Jack contre le régime semble mettre en danger un de ses amis : Cecile, la jolie jeune cadre avec qui il travaille, William, un adolescent séducteur et hyperactif qui est également le meilleur agent de Jack, ou encore Doc, son confident et informateur à l’Hôpital.
La fille venue de Monday se terre dans l’appartement de Jack, apprenant peu à peu à utiliser ce corps si nouveau. Jack et Doc ont déjà fait cette expérience. Ils savent que si elle reste trop longtemps et se fait des amis, elle sera prise au piège dans ce corps terrestre et qu’elle ne pourra plus jamais retourner dans son monde, l’étoile 147X de la constellation Monday.
Inévitablement surviennent des actes de bonté, des sacrifices, les être s’attachent et notre devoir les uns envers les autres perdure. À la fois tragique, drôle et très beau, The Girl From Monday est un faux film de science-fiction qui parle de la vie telle que nous la menons aujourd’hui.

Randy Bell, réalisateur de documentaires, a posé ses questions à Hal Hartley durant le tournage de The Girl From Monday.

R.B. : D’où vient ce film ?
Hal Hartley : C’est venu de cette impression qui me semblait répandue – du moins un grand nombre de personnes semblaient l’exprimer – cette impression que tout est devenu un produit. Ce que cela implique de prendre des morceaux révolutionnaires des années 60 et de s’en servir sur des publicités pour des baskets, un exemple typique. Cette impression que tout est calculé. J’ai bien conscience que ce n’est que du commerce, purement et simplement. Je fais moi-même des films commerciaux. Moi aussi, je vends. Mais j’ai commencé à m’interroger : à quoi cela pouvait mener ? Une autre point est venu de l’idée que plus un consommateur est solvable, plus il doit. Un de mes amis s’est vu retirer sa carte de crédit car il payait comptant chaque mois, ce qui ne rapportait pas d’intérêt à sa banque. J’ai trouvé ça amusant. C’est ce qui m’a amené à utiliser Thoreau – il serait à mes yeux le pire consommateur – car c’est quelqu’un qui souhaite être totalement autonome, parfaitement indépendant. Dans un monde de consommation parfait, il serait l’antéchrist. Ensuite… il s’est passé qu’on m’a demandé de faire un petit film sur le sexe. En fait, ce n’est pas tout à fait exact. C’était censé être un film sexuellement explicite. C’était sa mission : faire un film d’art qui soit sexuellement explicite. À la base j’ai écrit le script sur cette idée. Le projet s’appellait Nova à ce moment-là. Mais les financements se sont évanouis et le projet est tombé à l’eau. Mais j’aimais bien ce que j’avais écrit. Et c’était plus intéressant de travailler dessus sans avoir l’obligation de faire un film interdit au moins de 18 ans. Ça me donnait plus de marge pour l’histoire. Plus de champ pour aborder plus de choses. C’était en 1999. J’avais déjà commencé à travailler sur No Such Thing donc j’ai abandonné pour un moment.

R.B. : Quels lien y a-t-il entre ce film et vos autres œuvres ?
H.H. : Je l’ai écrit en même temps que No Such Thing. Et je pense que le commentaire social est similaire dans ces deux films. Et bien sûr, ils utilisent tous les deux des éléments fantastiques : l’un est un film de monstre, l’autre de science-fiction. Mais j’ai bien plus pensé à The Book of Life, qui était raconté à la manière d’un thriller d’espion-nage. De plus, Book of Life a également été réalisé en vidéo digitale et non en cinémascope. Et encore plus important, le moteur des deux films est la voix-off, la réflection interne et les personnages principaux vivent tous deux une période de grande ambivalence. Jack Bell, dans le film, comme le Jésus de Book of Life, s’interroge profondément sur ses motifs et remet eu cause ce qu’il a jusque là considéré comme la loi. Est-il en train de créer une mythologie pour justifier sa position, qu’elle soit en théorie noble ou non, et en train de perdre le contact avec la réalité ?

R.B. : J’ai en effet pensé à The Book Of Life quand j’ai lu le script pour la première fois.
H.H. : Il y a la structure formelle aussi – la voix – off comme moteur de l’action.

R.B. : Oui, mais il y a aussi cet optimisme hésitant sur lequel les deux films se concluent. C’est quelque chose que je trouve spécifique à votre façon de penser . Cet optimisme contrebalancé par le scepticisme ou une sorte de cynisme sceptique.
H.H. : J’aimerais clarifier la distinction entre scepticisme et cynisme. Le cynisme c’est l’idée que la majorité des êtres humains sont motivés par leur seul intérêt personnel. Ce n’est pas mon truc. Je veux dire, il y a des personnages dans ces histoires qui sont cyniques, des personnages qui symbolisent un cynisme que les deux films, leurs héros et héroïnes – ceux avec qui on a tendance à s’identifier – combattent. En revanche le scepticisme est très présent. Et j’apprécie que vous ayez associé l’optimisme et le scepticisme.

R.B. : Pourquoi la science-fiction ?
H.H. : Je n’y ai pas tellement réfléchi. C’est venu tout seul. J’ai exagéré, bien sûr. C’était drôle et un peu triste. J’essayais de décrire ce qu’on ressent ici et maintenant, de nos jours, et ça ressemblait à de la science-fiction. J’ai donc fait de la science-fiction. Vous savez, cela m’a permis d’évoquer beaucoup de choses brièvement. En douceur. En abrégé, en quelque sorte. On spécule sur le futur en étant immergé dans le présent. Je ne vois pas comment faire autrement. Les œuvres de science-fiction que j’apprécie semblent nous montrer quelque chose de nous en en nous mettant dans un futur lointain et étrange. C’est ce que j’ai essayé de faire, je crois. Mais pas en imaginant le futur dans cent ou mille ans. Juste une décennie, peut être. Voire une année. Je n’ai pas eu l’impression d’écrire de la science-fiction, en fait. Tout me semblait immédiat, réaliste.

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