Hammer, laboratoire de l’horreur moderne

16,90 52,00 

Ouvrage collectif dirigé par
Mélanie Boissonneau, Gilles Menegaldo et Anne-Marie Paquet-Deyris

Format 17×24, 400 pages environ

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UGS : ND Catégorie :
 

Description

Enrique Carreras et William Hinds, un bijoutier également acteur de théâtre et de music-hall dont le nom de scène était Will Hammer, créent le studio Hammer en 1934. Après des débuts assez modestes, mais où déjà s’affirme un style, en particulier dans des films criminels ou qui associent science-fiction et mélodrame comme Stolen Face (1953) et The Four-Sided Triangle (1953), ou science-fiction et horreur (The Quatermass Experiment, 1955, et Quatermass 2, 1957), les dirigeants du studio ont l’idée de racheter les droits du studio Universal afin de proposer de nouvelles versions des grandes productions horrifiques des années trente, premier âge d’or pour le genre, en bénéficiant aussi du marché états-unien pour la diffusion.

En dépit de moyens financiers limités, le studio va produire des films mêlant horreur et érotisme qui toucheront un vaste public et révèleront de grands réalisateurs, comme Terence Fisher, et de futures icones de l’horreur, comme Christopher Lee et Peter Cushing.

Cet ouvrage collectif se propose de revenir sur l’histoire de ce studio mythique et d’analyser les films selon des approches diverses et croisées (historique, thématique, esthétique, actorale, politique, étude de genre), depuis les productions de « l’âge d’or » (The Curse of Frankenstein, Horror of Dracula, The Mummy…) jusqu’à la renaissance de la Hammer dans les années 2000 (The Woman in Black), en passant par les tentatives de résurrection des mythes dans les années 70 (Dr Jekyll and Sister Hyde), sans oublier les incursions moins connues du studio du côté du thriller psychologique. 

Impossible évidemment de prétendre à l’exhaustivité tant la Hammer est protéiforme et prolifique, mais ce livre, première publication française consacrée à l’analyse des films vise à contribuer à une meilleure connaissance du studio en France. La Hammer n’a pas fini de renaître de ses cendres ! 

Mélanie Boissonneau
J’ai rencontré la Hammer tout d’abord grâce aux affiches, sanglantes, sexy, et toujours très colorées croisées dans les livres et revues consacrés au cinéma fantastique. Et puis, il y eu un coup de foudre : Christopher Lee tout d’abord, et sa présence magnétique, son allure de géant, ses yeux fous et son costume en satin rose, non pas dans Dracula, mais dans le rôle moins connu de Rasputin (Rasputin, le moine fou, Don Sharp, 1966). L’amour, ça ne s’explique pas toujours !

Gilles Menegaldo
J’ai rencontré la Hammer à 16 ans avec Horror of Dracula (Terence Fisher, 1958), film qui m’a fasciné mais m’a aussi donné quelques cauchemars… Beaucoup plus tard, j’ai eu le plaisir de rencontrer Christopher Lee dans une convention à Londres, puis de l’interviewer pour une émission sur France Culture. Le grand acteur a évoqué dans un français impeccable toute sa carrière et ses divers rôles pour la Hammer, mais aussi sa passion pour l’opéra. A l’occasion du colloque sur le studio, une projection du Cauchemar était organisée au cinéma Le Grand Action. Le lendemain nous apprenions, avec une grande tristesse, la mort de Christopher Lee. Les vampires sont immortels, pas les comédiens, mais le souvenir de cette rencontre reste gravé dans ma mémoire.

Anne-Marie Paquet-Deyris
Ma découverte de l’univers de la Hammer date des années 1970 où, pendant mon enfance au Sahara, je découvrais avec une fascination mâtinée d’un sens aigu de l’interdit le cycle des Frankenstein ou Dr Jekyll and Mr. Hyde projetés sur un drap tendu en plein désert ou dans un cinéma envahi par les sables. Dans les années 1980, lors de mes premiers enseignements d’analyse filmique à Harvard aux États-Unis, je commençais à constituer mon propre « bestiaire de l’horreur filmique » où figuraient en bonne place des films du studio qui allaient plus tard nourrir mes cours de cinéma anglophone en université française, puis peupler mes articles et ouvrages. Finalement, en 2015 à l’université De Monfort de Leicester en Angleterre, le directeur du Centre des Archives Hammer, Steve Chibnall, m’ouvrait toutes grandes les portes de la caverne : je découvrais avec le même émerveillement qu’au départ, affiches, copies de films, objets décoratifs divers qui me ramenèrent instantanément à ces moments saisissants des premières projections Hammer.

Introduction

I.  A la découverte de la Hammer

  • Jean-François Rauger, « Pourquoi devrait-on aimer les films de Terence Fisher ? »
  • Nicolas Stanzick, « Et les Français découvrirent FrankensteinDracula & Co »
  • Xavier Daverat, « Les classes sociales dans l’horreur de la Hammer »

II. Le design de l’horreur

  • Jean-Michel Durafour, « Terence Fisher avec Paysage Lacustre »
  • Pierre Jailloux, « Pas du sang : du rouge. Les débordements colorés de la Hammer »
  • Cécile Carayol, « La figure du vampire : principes récurrents dans la musique symphonique de film de la Hammer à Twilight: New Moon »
  • Florence Chéron, « Le Feuilleton Hammer : les lieux du crime »
  • Simon Daniellou, « Le Regard de Méduse : les visages horrifiques de la Hammer comme autant d’attractions spectaculaires »
  • Stella Louis, « Love That Horror ! La Hammer et ses vampires ou la photogénie de l’horreur »

III. Frankenstein : Etude de cas

  • Michel Porret, « Frankenstein. Le moment Hammer »
  • Isabelle Labrouillère, « La défiguration comme force de re/création : figures en miroir et trouble des formes dans The Curse of Frankenstein (1957) »
  • Raphaëlle Costa de Beauregard, « Le premier film couleur du studio Hammer après le noir et blanc : The Curse of Frankenstein (Terence Fisher, 1957) »
  • Jean-Marie Lecomte, « Forme, discours et “para-doxa” dans The Curse of Frankenstein (1957). Le modernisme au cinéma et le film gothique des années 50 ».

IV. A la loupe

  • Jean-Pierre Naugrette, « Pourquoi Sherlock Holmes (Peter Cushing) prend-il la tour noire du Dr Mortimer dans The Hound of the Baskervilles (1959) de Terence Fisher ? »
  • Tristan Grunberg, « Les Trois Visages de Carmilla : le désir féminin au prisme de la Hammer »
  • Gaïd Girard, « Le déclin du héros masculin britannique dans le cinéma d’horreur et de science-fiction du studio Hammer : la trilogie Quatermass ».
  • Hélène Valmary, « Christopher Lee/Peter Cushing : l’horreur (c’est mieux) à deux »

V. Mutations, Hybridations, Résurrection

  • Jean-François Baillon, « ‘Hammer Motel’ : tensions des nerfs et torsions des intrigues dans les thrillers psychologiques britanniques post-Psychose »
  • David Roche, « Les complications politiques de la réécriture du canon de l’horreur : The Vampire Lovers (Baker, 1970), Dr. Jekyll & Sister Hyde (Baker, 1971), Dracula A.D. 1972 (Gibson, 1972) et The Satanic Rites of Dracula (Gibson, 1973) »
  • Christian Chelebourg, « La Belle est la Bête. L’horreur selon John Gilling »
  • Philippe Met, « Les enfants de la Hammer, entre visualité et auralité »
  • Sophie Mantrant, « La Dame en Noir (James Watkins, 2012): un retour à l’âge d’or? »

Post-face

  • Alain Chareyre-Méjan, « Note sur L’Ethos Hammer (Pourquoi nous sommes les amis du Comte Dracula) »

Informations complémentaires

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