Clouzot, l’œuvre fantôme chroniqué dans Positif

Claude Gauteur vise plutôt les familiers. Quatre ans après son panorama des batailles critiques (Clouzot critiqué, voir n° 636, p. 76), il redonne vie à une autre de ses enquêtes pionnières (premier jet paru en 1997), établir la liste alors la plus complète que possible des projets avortés. Car si Clouzot n’a signé que dix longs métrages de fiction, deux courts et six documentaires (avec Picasso et Karajan), il a ouvert en plus de trente ans maints chantiers, joliment baptisés par Gauteur l’“œuvre fantôme”. Henri-Georges Clouzot  : l’œuvre fantôme recense quinze de ces épaves, d’un scénario sans titre au sortir du Corbeau avec Sartre jusqu’au désir d’adapter un second Boileau-Narcejac, La Lèpre. Mettent l’eau à la bouche un scénario d’après Anouilh, La Chatte (voir l’essai filmé présenté à l’exposition), Par des chemins obscurs d’après Nabokov, des films sur les guerres d’Indochine et d’Algérie, deux rendez-vous manqués avec Simenon, ou, au tournant des années soixante-dix, L’Oracle d’après Frédéric Dard, puis Le Hotu d’après Simonin, dont Gauteur donne à lire les premières pages.

Mosaïque fascinante, vrai palimpseste, qui atteste une boulimie tous azimuts, mais aussi une angoisse, une incapacité croissante à conclure, dont les images abandonnées de Brasil et L’Enfer constituent les traces émouvantes et tangibles.

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