Description
Présentation
Le cinéma d’horreur français est-il condamné à rester dans l’ombre ?
Longtemps marginalisé, méprisé par une partie de la critique, cantonné aux marges d’une “exception culturelle” peu encline à embrasser le gore et l’extrême, le genre horrifique en France n’a pourtant cessé de muter. Des expérimentations poétiques des Yeux sans visage à la déflagration de Martyrs, de la vague radicale des années 2000 à l’avènement d’une horreur “auteure” incarnée par Julia Ducournau, c’est toute une histoire souterraine qui se dessine – violente, audacieuse, profondément française.
Dans cet essai ambitieux, Léa Lahannier propose une traversée chronologique et esthétique du cinéma d’horreur hexagonal. Elle interroge ses racines culturelles – du Grand Guignol au naturalisme –, son dialogue permanent avec le modèle américain, ses archétypes, ses excès, ses censures. Elle analyse comment le cinéma d’horreur français des années 2000 a constitué un véritable “opéra de la violence”, avant que les genres ne se transforment, se féminisent, se déplacent vers une hybridation plus contemporaine.
Car l’horreur, en France, n’est jamais gratuite : elle parle de nos peurs les plus intimes, de nos fractures sociales et de notre rapport au corps.
Un livre indispensable pour comprendre pourquoi, au bord du rejet, le cinéma d’horreur français est peut-être l’un des territoires les plus audacieux du cinéma contemporain.
L’auteur
Auteure de l’essai Au bord de l’abîme, où en est le cinéma d’horreur français ?, Léa Lahannier se passionne pour le cinéma d’horreur au Paris International Fantastic Film Festival en 2017 et décide d’en faire sa spécialité lors de son Master à l’Université Gustave Eiffel. Elle fait alors la rencontre de nombreux acteurs de l’horreur française qui vont l’accompagner dans l’analyse de ce genre si particulier, dont elle devient elle-même auteure, avec la réalisation de plusieurs courts-métrages.
Sommaire
- Remerciements 11
- Introduction 13
- Corpus introductif au cinéma d’horreur français contemporain 15
- Corpus du cinéma d’horreur français des années 2000 17
- Corpus du cinéma d’horreur français post-2010 18
- 1. Une esthétique horrifique issue d’une culture historique française 21
- I.A. La place du genre horrifique dans le cinéma français 23
- I.A.1. Une exception culturelle française 23
- I.A.2. L’attrait pour le genre horrifique 26
- I.A.3. Le modèle américain : des contextes politiques et sociaux forts 32
- – À propos du film La Nuit des morts-vivants 34
- – À propos du film Massacre à la tronçonneuse 35
- I.B. Une tradition culturelle à la française 37
- I.B.1. Un oubli grand-guignolesque 37
- – Propos sur le gore 44
- I.B.2. Un patrimoine théorique important 47
- I.B.3. Le naturalisme à travers « l’objet-qui-fait-tâche » 50
- I.C. Les films sources du cinéma d’horreur à la française 57
- I.C.1. Les Yeux sans visages : la première poésie macabre française 57
- – Propos sur la body horror, avec l’exemple de Christiane 68
- I.C.2. Le Vieux Fusil, entre trivialité du bonheur et insolite de l’horreur 70
- – Propos sur le revenge movie et le rape and revenge 74
- I.C.3. Irréversible et Trouble Every Day, le jeune cinéma français de l’extrême 79
- II. Un opéra français de la violence 89
- II.A. Les années 2000 : un contexte français propice à l’horreur 92
- II.A.1. L’esprit Mad !, la transmission d’une cinéphilie particulière 92
- II.A.2. « Plus on aime Canal+, plus on aime le cinéma » 100
- II.A.3. L’inauguration du mouvement avec Haute Tension 105
- – Propos sur le genre du survival 106
- – Propos sur le genre du slasher 108
- – Propos sur le nihilisme 112
- II.B. Les archétypes du cinéma français, la création d’un genre 119
- II.B.1. À l’intérieur, slashers nihilistes et personnages indolents 119
- II.B.2. La création d’un genre « les chiens de paille » 128
- – II.B.2.a. La campagne et la quête du bonheur 130
- – II.B.2.b. La réaction autochtone, le beauf et le Parigot 133
- – II.B.2.c. Vers une épiphanie diabolique 137
- II.C. Martyrs, le voyage vers le sublime 140
- II.C.1. Une poésie macabre 141
- II.C.2. Épiphanie, empathie et excès : la french touch 155
- II.C.3. Une anatomie de la censure, « l’affaire Martyrs » 160
- Conclusion au chapitre II 166
- III. Une industrie fragile 167
- III.A. État des lieux de la production de cinéma d’horreur en France après Martyrs 170
- III.A.1. Un écosystème industriel hostile 170
- III.A.2. L’exode des cerveaux 176
- III.A.3. Un petit vent de renouveau ? Grave ! 182
- III.B. Une nouvelle génération française de l’horreur 190
- III.B.1. Le genre fait commerce ! 190
- – III.B.2.a. Une place faite pour les futures générations 195
- – III.B.2.b. Elles font mauvais genre : réhabiliter la place des réalisatrices 198
- III.B.3. Ère de la convergence, vers l’hoteurisme 204
- III.C. Vers un nouveau paradigme de production 209
- III.C.1. Tendre vers un cinéma d’entertainment, à l’image de Blumhouse ? 210
- III.C.2. Tendre vers un cinéma d’auteur, comme A24 ? 217
- III.C.3. Quel avenir pour le film d’horreur français des années post-2020 ? 223
- Conclusion au chapitre III 228
- Conclusion finale 231
- Bibliographie 237
- Sitographie 240
- Vidéographie 244
- Fimographie principale 245
- Filmographies secondaires 245
- Entretiens 247
- Annexe 1. Entretien avec Mathieu Turi 249
- Annexe 2. Entretien avec Aurélien Zimmermann 263
- Annexe 3. Entretien avec Alexandre Bustillo et Julien Maury 275








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