Chronique de David Da Silva, L’Age des inutiles : Trump, l’intelligence artificielle, le capitalisme post-humain et l’avenir du cinéma, sur le site Culture 31 :
Nous pensions que l’intelligence artificielle viendrait nous assister. Et si elle finissait par nous rendre superflus ? C’est la question, volontairement dérangeante, que place David Da Silva au cœur de L’Âge des inutiles. Trump, l’intelligence artificielle, le capitalisme post-humain et l’avenir du cinéma. Le titre pourrait annoncer une charge catastrophiste de plus. Il désigne en réalité une enquête intellectuelle ample, menée à la croisée de la politique, de l’économie, de la philosophie et du septième art. […]
L’Âge des inutiles vaut donc moins comme une prophétie que comme un livre de vigilance. Son propos favorable à une régulation éthique et à une réappropriation collective de l’IA n’appelle pas à interrompre l’innovation, mais à lui assigner une finalité humaine. À l’heure où le débat public oscille encore entre fascination naïve et panique abstraite, cet essai a le mérite de relier les transformations techniques aux rapports de pouvoir, aux fractures sociales et aux imaginaires qui les rendent acceptables.
Et c’est peut-être là sa thèse la plus précieuse : une société ne se juge pas seulement à ce qu’elle sait produire, mais à la place qu’elle accorde à ceux dont elle n’a plus besoin pour produire. En défendant l’imperfection, la vulnérabilité et la créativité humaines face à la perfection glacée des systèmes, David Da Silva ne signe pas un réquisitoire contre l’avenir. Il rappelle que l’avenir demeure une décision politique, à condition que nous ne la déléguions pas entièrement aux machines.
